États-Unis: faucons à l’approche

arabie clinton« L’administration Clinton n’hésitera pas à montrer au monde ce qu’est le régime de Bachar el Assad. Ce régime qui viole constamment des droits de l’Homme, les conventions internationales, qui utilise des armes chimiques contre con peuple, tuant des centaines de milliers de personnes, dont des femmes et des enfants » Jéremy Bash, conseiller diplomatique de la candidate Hillary Clinton dans The Telegraph, samedi 30 juillet 2016.

Alors que les candidats aux élections présidentielles américaines ont été officiellement désignées par leurs partis respectifs, et que par le style, le verbe, le geste, les idées, l’électorat et le parcours tout oppose Donald Trump à Hillary Clinton, intéressons-nous à vision du monde de la candidate démocrate, entre interventionnisme, néo-conservatisme, exceptionnalisme et une pointe de pragmatisme.

La politique étrangère est un thème en vogue dans l’actuelle campagne présidentielle, une atmosphère qui tranche avec les élections de 2008 et de 2012, qui étaient plus focalisées sur l’économie eu égard à la crise. De plus les attentats de Boston en avril 2013, la décapitation de l’Américain James Foley en août 2014, les attentats de Paris et de San Bernadino en 2015, les attentats de Bruxelles en 2016 et le retour d’une Russie (« agressive » pour bons nombre d’Américains) impactent et rythment les thèmes de la campagne.

Dans ce domaine, Hillary Clinton est dotée d’une expérience sans comparaison avec Donald Trump puisqu’elle a été Secrétaire d’État de 2009 à 2013, soit durant l’intégralité du premier mandat du président Barack Obama, elle qui dans les relations internationales entend combiner idéalisme et pragmatisme sans oublier la cause féministe. Comme en 1995 à la 4e Conférence des Nations Unies sur les femmes à Pékin où elle déclara « women’s rights are human rights« .

Clinton: plus interventionniste qu’Obama

A la différence d’Obama, plus réticent à déployer des troupes, Hillary Clinton est nettement plus interventionniste. Cette caractéristique est incompréhensible s’il on occulte le traumatisme pour elle qu’a été la non-intervention des États-Unis au Rwanda en 1994 et son soutien aux interventions américaines en Bosnie en 1994 et au Kosovo en 1999 contre la Serbie de Slobodan Milosevic.

De plus, elle a été membre de la Commission des Forces armées du Sénat lorsqu’elle était sénatrice de New-York en 2001. Dans cette commission elle fut soutenue par Robert Kagan, ancien conseiller du président G W.Bush…(qu’elle a par la suite nommé dans son cabinet). Sans oublier son soutien à l’intervention en Irak de 2003.

Cependant lors de son passage au Foggy Bottom et dans son projet présidentiel Hillary Clinton entend appliquer le smart power. Une combinaison du hard et du soft power théorisé par Joseph Nye et Alexandra Nossel dans les années 2000.

Enfin, diplomatiquement, la candidate démocrate entend favoriser le multilatéralisme et réfute l’unilatéralisme à la vision hobbsienne d’un monde à l’état de nature, violent et sans règles.

Une expérience interventionniste

Eu égard à son parcours et à son programme les médias américains qualifient Clinton « d’interventionniste libéral » et par ses déclarations on peut déjà esquisser sa politique.

Le Moyen-Orient est l’illustration de la pensée idéaliste et internationaliste de Clinton. En effet, elle avait soutenu, alors qu’Obama était plus réticent tout comme l’état-major américain, l’intervention en Libye au nom de la responsabilité de protéger. En Syrie, elle a été sidérée par le non-respect des « lignes rouges » d’Obama. Depuis elle réclame le départ du président Assad et veut soutenir les « rebelles modérés ». D’ailleurs selon Scott Ritter (ancien inspecteur en désarmement de l’ONU) Hillary Clinton aurait supervisé des transferts d’armes libyennes pour des rebelles syriens. En revanche, elle ne pardonne pas à Obama d’avoir lâché Hosni Moubarak(Hillary Clinton était proche des Moubarak), selon elle les États-Unis ne doivent pas trahir leurs alliés dans la région (Israël, Arabie Saoudite). Enfin, si elle est un soutien inconditionnel à Israël, comme en témoigne son positionnement contre le mouvement BDS, sa proximité avec le lobby israélien de l’AIPAC (American Israel Public Affaires Committee) elle ne veut pas stopper l’accord avec l’Iran mais campe sur un Moyen-Orient à trois puissances régionales (Arabie Saoudite et Israël voire l’Égypte) et considère l’Iran comme « l’objet de l’accord » mais pas comme « notre partenaire dans la mise en œuvre de cet accord« . Elle se méfie donc de l’Iran et accorde une importance fondamental à la reconduction immédiate des sanctions en cas de non-respect de l’accord.

Vis-à-vis de Vladimir Poutine, la candidate démocrate tient des propos virulents contre le président russe, qui a même été comparé par l’ancienne Secrétaire d’État à Hitler à propos de l’Ukraine.

Par rapport à la Chine, Hillary Clinton sait qu’en dépit des questions de droits de l’homme et des tensions territoriales maritimes, les États-Unis et la Chine sont interdépendants économiquement. Elle veut donc marier pragmatisme et idéalisme, comme en témoigne les négociations qu’elle a mené pour libérer le dissident Chen Guangcheng tout en discutant économie.

2017 en ligne de mire

Son projet est élaboré par plusieurs spécialistes des questions internationales. Tout d’abord Jake Sullivan, ancien collaborateur au Département d’État et favori pour devenir (en cas de victoire) son conseiller à la sécurité nationale. Puis Michele Flournoy, ancienne sous-secrétaire à la Défense pour les questions politiques et fondatrice du Center for a New American Century. Et enfin Phil Gordon, diplomate de carrière et membre du Council on Foreign Relations.

Enfin dans sa campagne la candidate défend un leadership américain, une Amérique qui doit assumer ses responsabilités de première puissance mondiale et qui est la seule capable de régler le problème du terrorisme. Elle a déjà déclaré vouloir armer les Kurdes, les sunnites irakiens non-djihadistes, inciter la Turquie à ne plus bombarder les Kurdes syriens et contraindre l’Arabie Saoudite à ne plus financer des groupes radicaux…

 

 

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