Terrorisme : l’ennemi de l’intérieur. Quand nos faiblesses deviennent les meilleures alliées du terrorisme.

attentat belgique
Charlie Hebdo, hypercasher, tentative d’attentat dans une église, Thalys, Bataclan, Bamako, Ouagadougou,  Bassam et maintenant attentats en Belgique… La liste est longue, depuis un an le monde « libre » fait face à une vague de terrorisme, qui semble-t’il ne sera pas rapidement endiguée. Alors que le nombre de victimes ne cesse de croître, nous semblons toujours enfermés dans la même posture cyclique : pleurs, dessins, commémorations et paroles d’apaisement…

Le marketing de la douleur.

27 minutes après les attentats bruxellois, alors qu’il n’y a ni bilan, ni même informations claires, le web voit déjà fleurir les premiers dessins de soutien au peuple belge. Immédiatement relayés sur twitter, notamment par les politiques, entre deux tentatives de récupération minables. Quelques heures après, c’est au tour des éditorialistes et autres prétendu-experts d’intervenir sur les chaines de télévision. Prenant de recul sur la situation, que le temps alloué par la pause publicitaire, la logorrhée est désormais bien lancée : ne cédons pas à la peur, ils veulent la guerre opposons leur l’amour, il faut continuer de sortir, soyons heureux et solidaires, bla, bla, bla… Que de belles paroles, dans ces heures si sombres. Puis le bal médiatique se déroule de façon convenue : discours présidentiel, marche et manifestation de soutien, sans oublier l’incontournable chanson d’hommage d’un collectif d’artistes en perte de vitesse. Très rapidement, le politique reprend le pas et propose une loi, voire une « réforme », qui sera bien évidemment aussi inutile qu’elle est proportionnellement source de brouhaha médiatique. Au fil d’une enquête fastidieuse, le citoyen/consommateur de médias, sera régulièrement tenu en haleine par de prétendus rebondissements à grand renfort d’images chocs et d’interventions de forces spéciales. Vient enfin l’heure de gloire médiatique : le dénouement. Ce moment incroyable, où l’on arrive à croire qu’arrêter un terroriste, recherché depuis trois mois par toutes les polices européennes et caché à 300 mètres du domicile de sa maman, dans un bâtiment municipal, est un exploit. Summum de la roublardise télévisuelle, on fait penser que l’arrestation d’un terroriste raté, menacé de mort par son organisation, est un coup dur pour la plus grande, la plus riche et la plus violente des organisations terroristes.
Puis, quelques jours, quelques semaines après, tout recommence encore et encore…

Rappel de définition

« Terrorisme: idéologie, mais surtout ensemble d’actes violents et illégaux commis avec l’objectif de provoquer un climat de terreur au sein de l’opinion publique ou d’ébranler la force d’un gouvernement ou d’un groupe. »

La puissance d’un attentat ne se comptabilise pas en nombre de victimes, mais en heures de médias. Le fait est que dans nos sociétés occidentales pacifiées et paisibles, le terrorisme trouve (fort heureusement) un relais bien plus important qu’au Nigéria ou en Libye. Outre la sur-diffusion des attentats, c’est bien leurs utilisations à des fins politiciennes qui est dangereuse. Quand le Premier Ministre ou le Président déclare que la France est en guerre face à Daech, alors qu’il n’a ni les moyens, ni la possibilité de mener un conflit digne de ce nom, il donne la possibilité au groupe terroriste de gagner des batailles. Quand la France est vainqueur d’un affrontement contre Daech, c’est qu’elle arrête un terroriste, qu’elle bombarde secrètement un camp d’entrainement, ou qu’elle forme les forces kurdes. Quel que soit l’intérêt tactique de ces victoires « homéopathiques », elles ne sont relayées que quelques minutes dans les médias. En somme, les coups que la France peut donner à Daech ne sont pas à la hauteur du bruit médiatique de ceux infligés par le groupe terroriste. Entraîner le conflit sur le plan médiatique est donc une erreur, car jamais la France ne pourra battre Daech. Pour vaincre le terrorisme, dans son registre, celui de l’horreur, il faudrait pouvoir les terrifier… Ce qui, pour des hommes et femmes prêts à sacrifier leurs proches ainsi que leur propre vie semble difficile, voire profondément utopique.

Du marketing de la guerre à l’ESPRIT DE guerre

Si la France ne peut pas gagner la guerre du marketing face à Daech, elle peut pourtant gagner son duel face au groupe. Pour cela, elle doit retrouver son courage et sa volonté de vaincre. Elle doit évoluer, du sentiment et de l’émotion, vers une lucidité froide, presque contre-valeur, de combat total. Cet état primaire, qui permet à l’homme de s’affranchir de certaines barrières morales, conceptuelles ou financières. Le genre de barrières qui actuellement nous obligent à nouer des partenariats avec la dictature wahhabite saoudienne contre quelques petro-dollars entachés par le sang des victimes du terrorisme. Le genre de barrières qui nous empêchent de nous allier à la Russie pour battre Daech, car Vladimir Poutine est « vraiment pas sympa avec les pussy-riots » et qu’il est « autoritaire ». Le genre de barrières qui nous empêchent de prendre à bras le corps le problème du radicalisme et de la criminalité dans nos banlieues, au nom une fois de plus d’une morale théoriquement antiraciste ainsi que d’un complexe post-colonial…

Le bon sens face à la terreur

 

“ La haute politique n’est que le bon sens appliqué aux grandes choses. ”
Napoléon Bonaparte

Retrouver notre bon sens, c’est au fond revenir à l’époque ou les philosophes philosophaient et ou les géopolitologues et le stratèges s’occupaient de la guerre. Cette époque formidable ou les militaires combattaient en opérations extérieures et ne jouaient pas les agents de sécurité dans les gares et les aéroports. Où l’on considérait qu’il vaut mieux une dictature stable qui, il est vrai persécute ses opposants, à un état failli, ou l’ensemble de la population vie dans la misère, la guerre civile, sous les bombardements et entourée par des djihadistes fous et assassins. Cette période formidable où il aurait été impensable d’être partenaire des propres alliés (voire sponsors) de son pire ennemi. Cette époque ou l’on pouvait citer le célèbre adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » sans risquer d’être vilipendé par un disciple de BHL. Ce bon vieux temps, où au fond, le principal objectif de l’Etat était de protéger son peuple et non de le rassurer par un complaisant spectacle médiatique. Sûrement suis-je quelque peu nostalgique d’une époque révolue et désuète. Pour autant certains pays, alliés ou ennemis, adoptent une posture plus efficace face à la menace terroriste. En guise d’exemple, il est tout de même formidablement triste, de constater que certains prêcheurs salafistes puissent trouver asile dans nos mosquées européennes, alors qu’ils sont interdits de séjour dans certains pays musulmans (notamment le Maroc). Il est encore plus triste de voir des djihadistes utiliser des armes françaises, notamment le système très couteux milan, alors que nos militaires ne reçoivent pas de façon régulière leur salaire et que les budgets dédiés aux renseignements sont exsangues.

Il est incroyablement malheureux d’être spectateur de ce terrible déclin du bon sens qui n’est au fond qu’un terrible aveu de la fragilité de nos sociétés ! Nous nous perdons dans des considérations qui nous surpassent, tout en nous complaisons dans un sentiment faussé de sécurité. Par esprit de supériorité, nous nous exposons inutilement en voulant exporter notre vision de la société « moderne » à des peuples qui n’en veulent pas… Plus que jamais, nous devons aujourd’hui renouer avec une vision réaliste de la sécurité intérieure, de la guerre et des relations internationales. L’Union Européenne doit sortir de son rêve Kantien de paix perpétuelle et faire une révolution stratégique Hobbesienne afin de re-penser l’affrontement.

Par Antoine Valentin

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