Légion d’horreur

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Vendredi 4 mars, le Président de la République François Hollande, a décoré le prince-héritier d’Arabie Saoudite et ministre de l’Intérieur Mohamed Ben Nayef, grand officier de la Légion d’honneur.

Certes, Mohamed Ben Nayef n’est pas comme son rival, le ministre de la Défense et vice-prince héritier Mohamed Ben Salman.

Certes, MBN au contraire de MBS n’est pas l’instigateur des crimes de guerre et contre l’humanité actuellement au Yémen, qui a fait plus de 6000 morts, 30 000  blessés, des réfugiés, des destructions de sites appartenant au patrimoine mondial de l’Unesco et des infrastructures en général pour un pays de 28 millions d’habitants, déjà l’un des plus pauvre du monde avant la guerre.

Certes, MBN a été l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat par Al Qaïda. Certes, MBN a été sans merci dans les années 2003-2005 contre Al Qaïda en Péninsule Arabique.

Certes, MBN n’est pas le bourreau des 64 exécutions faites par le royaume depuis le début d’année, ni les 153 de l’année 2015.

Certes, MBN n’est pas l’unique responsable de l’inexistante liberté religieuse et de l’absence de droit des femmes dans son royaume. Certes…

Néanmoins, la France se targue de lutter contre le terrorisme djihadiste, mais décore un ministre d’un pays qui du Maroc à l’Indonésie a fait grandir le djihadisme par la diffusion du wahhabisme à travers la formation des imans et le financement de madrassa au mépris des traditions islamiques locales. En particulier en dans la bande sahélo-saharienne, où la France mène l’opération Barkhane.

Néanmoins, la France se targue d’un discours universaliste sur les Droits de l’homme, mais décore un ministre d’un pays classé au 164eme rang sur 180 sur le respect des droits de l’homme selon Reporters sans frontières.

Néanmoins, la France se targue d’avoir une diplomatie indépendante au service de la paix, alors qu’elle la sacrifie sur l’autel des contrats commerciaux avec l’Arabie Saoudite. Cette « Ryadpolitik » qui représente tout le contraire de la realpolitik, met hors-jeu la France sur le théâtre du Moyen-Orient comme nous le montre jours après jours en Syrie, alors que Bachar el Assad est en train de gagner la guerre.

Entre les discours sur l’universalité et l’intemporalité des valeurs de la République et le glaçant cynisme par réalisme économique, la France doit choisir. Une bonne diplomatie est une diplomatie cohérente…

Par Romain Dewaele

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