Qui est Mikhail Fradkov le très discret directeur du SVR

Vladimir Putin, Valery Gerasimov, Sergei Shoigu, Alexander Bortnikov, Sergey Lavrov, Mikhail Fradkov

Immortalisé lors d’une réunion au sommet, à la suite du crash de l’avion dans le désert du Sinaï en novembre, il prend place autour de la table à la gauche de Lavrov, pour observer une minute de silence.

En cette période de réminiscence de Guerre froide, il détient entre ses mains des pouvoirs considérables. Par son parcours, il entretient une certaine ressemblance avec une légende du renseignement soviétique, Ievgueni Primakov, ancien directeur du SVR dans les années 90, premier ministre, diplomate et expert commercial. Mais rien ne prédestinait ce natif de Kouïbychev, comme le Maréchal Dmitri Oustinov, à devenir l’un des hommes les plus puissants de Russie. Il a d’abord étudié à l’Institut de Manufacture des Instruments de Moscou jusqu’en 1972, puis à l’Académie du Commerce Extérieur d’où il sort diplômé en 1981.

Économiste et diplomate de formation, il a enchaîné les postes à responsabilités, tout d’abord à la section des intérêts économiques de l’Union Soviétique en Inde de 1973 à 1975. Puis de retour en URSS, il siégea au Comité Soviétique des relations économiques extérieures.

Sa première réussite en politique fut son entrée dans le gouvernement de Yegor Gaidar, en tant que vice-ministre pour le commerce extérieur en 1992.

En 1997 il devint ministre du commerce, un poste qu’il conserva moins d’un an, mais auquel il fut reconduit en 1999 par le président Eltsine. Reconnu unanimement comme un expert stratégique redoutable, il est nommé au poste extrêmement sensible de vice-secrétaire au Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie par le nouveau Président V. Poutine en 2000. Puis il se voit confier par ce dernier, la tête de la Police Fiscale Fédérale en 2001. Il est alors investit de la lourde tâche de lutter contre l’évasion fiscale qui gangrène le pays depuis le début des années 1990 et la mainmise sur l’économie russe exercée par les oligarques. C’était la preuve de la confiance que le nouveau maître du Kremlin entretenait à son égard. Il remplira cette tâche avec efficacité et remettra au pas nombre d’hommes d’affaires, pour sauver sa nation de la faillite.

En 2003, rebondissement et nouvelle preuve de confiance, il est nommé représentant de la Russie auprès de l’Union Européenne à Bruxelles.

Mais c’est en Russie qu’il va voir sa carrière prendre une nouvelle ascension fulgurante. En 2004, quelques jours avant les élections, il est nommé Premier ministre à la surprise générale. Malgré ses très grandes qualités de diplomate, d’homme d’état, il ne fait pas partie du cercle Pétersbourgeois constitué par V.Poutine lorsqu’il était adjoint d’Anatoli Sobtchak à la mairie.

La raison de cette nomination est celle de la neutralité de Fradkov, au-dessus des luttes de pouvoirs, et n’ayant qu’un but, celui de servir la nouvelle Russie. Il conservera ce poste jusqu’en 2007, date à laquelle il est officiellement nommé directeur du SVR, les redoutables services extérieurs de renseignements de la Fédération de Russie.

Il sera à la tête de son service, très actif en Géorgie, et en d’Ukraine ce qui lui vaudra d’être placé sur la liste comme persona non grata par l’UE, et de voir ses actifs gelés à l’étranger.

Comme maître du service de renseignement, il dû faire face à l’Affaire Chapman-Zaporojsky de 2010, une retentissante affaire d’espionnage entre Américains et Russes ; à la suite de laquelle, le SVR obtint le retour en terre slave de dix de ses agents et restituera aux USA quatre infiltrés. Sur un plan arithmétique le service de Mikhail Fradkov sortit gagnant de cette affaire.

Plus récemment il se fit remarquer, par sa mise en garde vis à vis des États-Unis, de stopper toutes spéculations sur le pétrole et le rouble, qui auraient pour but de plomber la croissance de la Russie en représailles à l’affaire Ukrainienne.

Mikhail Fradkov par des chemins particuliers, un sens aigu de l’Etat, du service, a su se rendre indispensable au sommet du pouvoir russe. Plus qu’un homme d’état, il est un technocrate, expert dans nombres de domaines clés et polyglotte. Il est l’homme du Président Poutine.

Par Charles-Timoléon de Martin de Viviès

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