La France touchée en son cœur : un échec de la politique étrangère ?

ATTENTAT PARIS DAECH GIGN RAID GUERRE GLOBALE DPLOMATIE DIPLOLe 13 Novembre 2015, huit terroristes ont mis la France, à genoux, en assassinant 130 Français. Pour la première fois sur le territoire national, des kamikazes se font exploser, des terroristes assassinent froidement et en masse des civils innocents. Un tel niveau de détermination et de « professionnalisme »  n’a jamais été constaté en Europe. Le temps est bien sûr au deuil, mais cette peine commune, ne doit pas, comme précédemment, nous empêcher d’analyser les erreurs de nos gouvernants et plus particulièrement de notre diplomatie.

 En premier lieu une incompréhension quasi coupable du conflit syrien, aveuglés par le caractère dictatoriale et violent du régime de Bachar el Assad, nos hommes politiques ont soutenu une chimérique armée syrienne libre ainsi qu’une opposition hors sol. Sans sources d’informations proches du terrain et obsédé par le mythe du printemps arabe syrien, les services, comme les politiques n’ont pas anticipé et réagi à la supplantation de l’armée syrienne libre par Al Qaîda et Daech. Ensuite, incapable de choisir entre le régime El Assad et Daech, ils ont laissé pourrir la situation pendant plus de trois années. Pire encore, croyant trouver une troisième voie, nos politiques ont soutenu la coalition armée syrienne libre/Al Qaîda. Laissant donc le champs libre, pour l’armement, le renforcement, et une propagande terriblement efficace de la part des terroristes islamiste de Daech comme d’Al Qaîda. Bref, en quelques mots la France est coupable au moins de passivité, elle n’a pas su choisir entre le terrorisme islamiste et Bachar El Assad. Aujourd’hui les deux perdurent, le nombre de victimes syriennes et irakiennes est incommensurable,  et cette fois c’est la France qui est attaquée à grande échelle, en plein cœur de sa capitale. Notons aussi, qu’outre la lecture incroyablement erronée de la situation, le gouvernement, appuyé par a direction de la DGSE, à coupé toutes relations diplomatiques avec le régime El Assad. Privant ainsi, et au plus grand damne de la direction de la DGSI, à l’encontre des préconisations de la DRM, et contre l’avis du denier Ambassadeur Français en Syrie, Éric Chevalier, nos services de renseignement de leur meilleurs alliés et informateurs de la zone.

Seconde erreur tragique, l’intervention militaire contre le régime du Colonel Kadhafi en Libye. Une fois de plus une lecture manichéenne et binaire  de la géopolitique libyenne, n’a pas permis aux dirigeants de l’époque, d’appréhender le caractère multi-éthnique, clanique et tribal de la société libyenne, caractère qui devait irrémédiablement conduire à une situation de guerre civile. Même état de guerre, qui conduira à une déstabilisation profonde de toute la bande sahélienne, abreuvant les groupes mafieux et terroristes d’armes lourdes et leur fournissant  aussi une zone de repli salutaire. Le soudain renforcement de ces groupes leur a permis de déstabiliser toute la zone, et en premier lieu le Mali.  Obligeant ainsi la France à intervenir militairement, et ce, sans même un soutien minimum de ses partenaires de l’OTAN et de l’Union Européenne. Cette opération, qui fût militairement une réussite, est aujourd’hui un gouffre financier, logistique et humain. Voici la deuxième erreur dramatique, la déstabilisation de la Libye qui trouble toute la zone sahélienne, obligeant la France à intervenir militairement, avec des ressources humaines et un budget militaire déjà asphyxié.

Déjà militairement abandonnée par ses alliés européens, la France, est même contrainte dans sa politique étrangère. Elle doit subir les brimades, les remontrances, et les amendes de Bruxelles, qui reproche à la fois un dépassement du déficit (3%) mais qui refuse de participer à l’effort de guerre. Nos dirigeants, trop faibles pour faire face, préféreront diminuer les dotations aux budgets des forces armées et de sécurités intérieures. Obligée aussi de se ranger, systématiquement à l’encontre de la Russie depuis plus de vingt-ans, la France se coupe d’un allié historique. Elle  doit donc en trouver de nouveaux, ce sera les pétromonarchies du Golf. En échange de quelques investissements et prêts, la France a fermée les yeux sur l’activité de financement et de sponsoring actif du terrorisme et de l’islam rigoriste de ses nouveaux alliés… Laissant ainsi la voie libre à toutes les dérives, à travers l’Afrique et le Moyen-Orient, mais aussi sur son propre territoire.

Sans en faire plus le détail, il est évident que la politique étrangère irréaliste et béate de la France, a favorisé l’émergence du terrorisme islamiste à travers l’Afrique et le Moyen-Orient et a fortement contribué à sa fragilisation intérieure. Même si la politique étrangère n’est pas la seule responsable, elle doit profondément repenser sa vision du moyen-orient, renouer des alliances saines et redéfinir ses ennemis qui ne sont à ce jour, ni la Russie, ni l’Iran. Enfin, la politique de sécurité et de justice de la nation doit  être repensée. La France, sixième puissance mondiale vient de subir des attentats d’une ampleur inimaginable, des attaques qui ne peuvent plus avoir lieu dans le centre de Bagdad, Damas ou même d’Alger, depuis déjà plusieurs années …

Par Antoine Valentin

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2 commentaires

  1. Merci pour votre message très réfléchi. Je pense que nos hommes politiques n’ont pas pris la mesure du risque terroriste ou bien n’ont pas voulu la prendre. Il serait nécessaire d’accorder une priorité à la vie de nos compatriotes en laissant de côté les problèmes annexes et en s’alliant avec la Russie.

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