Coup d’état au Burkina Faso, la réconciliation impossible ?

burkinaAprès la chute du Président Blaise Compaoré, c’est désormais le gouvernement de transition qui vient d’être renversé.

Depuis le Mercredi 16 Septembre, le chaos qui règne à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. En effet, le Président, son Premier Ministre ainsi que plusieurs autres membres du gouvernement, sont pris en otage par la garde présidentielle (RSP), restée fidèle au précédent Président. Même si à l’heure actuelle, la situation reste floue, on sait déjà que des éléments de la RSP ont investi le palais présidentiel vers 14h30 le 16 septembre, avant de boucler la zone. Au cours de l’après-midi, d’autres éléments de la RSP ont pris le contrôle de la radio-télévision publique ainsi que des émetteurs radio privés.  

Dès la fin d’après-midi la foule s’est réunie autour du palais présidentiel afin de réclamer la libération des otages. L’ONU, l’Union Européenne, l’Union Africaine ainsi que la France ont dénoncé la tentative de coup d’état et demandé la reddition immédiate des putschistes. Des négociations ont été menées entre les membres de la RSP et l’Etat-major des armées, resté lui fidèle au gouvernement. D’après nos sources, la Côte d’Ivoire a joué un rôle important de médiation dans les négociations. Malheureusement il semble que celle-ci ait échoué. En milieu de matinée un homme en uniforme de la  RSP a annoncé à la télévision la démission du président ainsi que la démission du gouvernement sans pour autant donner de nouvelles des otages. Même si les revendications sont restées longtemps floues, il est désormais certain qu’il s’agit d’un coup d’état.

Un contexte particulier

L’ex-Président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans a été déchu le 31 Octobre 2014, suite à d’importantes manifestations. Le lieutenant-colonel Isaac Zida est désigné chef du régime intérimaire le 31 Octobre, puis trois semaines après, et sans aucune violence, le nouveau chef d’état, Michel Kafando, est nommé pour une durée d’une année. Le lieutenant-colonel Isaac Zida devient quant à lui Premier Ministre. Le nouveau gouvernement autorise la réouverture de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara, dont Blaise Compaoré reste le principal suspect. Dans la foulée une commission de réconciliation est formée, elle doit enquêter sur les crimes commis par le précédent régime.

Une réconciliation douloureuse

Le nouveau gouvernement a promulgué un nouveau code électoral très controversé, qui exclue des prochaines élections présidentielles et législatives  les partisans du président déchu Blaise Compaoré.  En Juillet 2015, le parlement intérimaire vote la mise en accusation de Blaise Compaoré devant la Haute Cour de justice pour «attentat à la Constitution» et «haute trahison». La commission de réconciliation avait mis en évidence dès le mois de Mai, la responsabilité de la RSP dans les exactions commises par l’ancien régime. La dissolution de l’unité devait avoir lieu au mois de septembre. On constate depuis plusieurs mois qu’une fracture profonde divise la société du Burkina Faso. Ce nouveau coup d’état en est le dernier révélateur.

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