Burundi, le Rwanda de demain ?

sans-titreLe Burundi est aujourd’hui en passe de devenir la poudrière de l’Afrique des Grands Lacs. Retour sur les prémices d’une guerre éthnique Hutus/Tutsis.

Le Burundi fait depuis quelques mois tristement parler de lui dans nos colonnes. Comme déjà expliqué dans plusieurs articles (voir ici), le pays est peuplé par 3 éthnies : les Hutus, les Tutsis et les Twas. Longtemps dirigé par la minorité Tutsi, le Burundi est actuellement présidé par Pierre Nkurunziza de l’éthnie Hutu. Le pays a déjà connu une guerre civile de 1993 à 2005, dont le nombre de victimes est estimé à plus de 300 000. Un accord de paix a permis au pays de retrouver une paix fragile, parmi les closes de celui-ci une nouvelle constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels maximum.

pr burundi
le Président Pierre Nkurunziza

Depuis le début de l’année 2014 le Président Pierre Nkurunziza propulse son pays dans une dynamique autoritaire : répressions violentes des manifestations, expulsions de diplomates, procès politiques, promulgation d’une loi anti « prolifération » des Eglises, etc… L’apogée viendra en 2015 avec la candidature inconstitutionnelle à un troisième mandant, suivi d’une réélection jugée  « pitoyable et absolument pas crédible ». Seule lueur d’espoir pour les burundais, un coup d’état militaire en Mai. Mal préparé, peu légitime et sans soutiens internationaux, il échouera pitoyablement.

Depuis ces évènements, la tension ethnique monte, l’été 2015 est marqué par un enchainement de crimes à caractères ethniques alarmants :

  • 16-17 Mai emprisonnement ou fuite des putschistes, disparitions inquiétantes et inexpliquées de plusieurs officiers.
  • 23 Mai assassinat de Zedi FERUZI  leader du parti d’opposition UPD.
  • 14 Juillet, assassinat de deux jeunes opposants (17 et 19 ans)
  • 22 Juillet attaque à la grenade, 5 morts et 30 blessés, les victimes sont des soutiens au Président Réélu.
  • 2 Août assassinat du Général Nshimirimana, le chef de la sûreté intérieure, proche du pouvoir Hutu.
  • 15 Août assassinat du Colonel Bikomagu, Tutsi, fût une figure de la lutte contre la rébellion Hutu pendant la guerre civile.
  • 19 Août règlement de compte entre opposants, 4 assassinés.
  • 22 Août assassinat d’un administrateur de parti d’Agathon Rwasa.
  • 24 Août opération « anti-insurgés » dans la capitale, une cinquantaine d’arrestations
  • 24 Août, nombreuses attaques et prises à parties de patrouilles militaires pro-régime.

La liste des exactions, ne se veut pas exhaustives, de nombreuses attaques, et autres assassinats ciblés, dans les deux camps, nous sont quotidiennement rapportés.

Dans un rapport du 24 Août, intitulé « Just tell me what to confess to: Torture and ill-treatment by Burundi’s police and intelligence service since April 2015 », l’ONG Amnesty international, présente les témoignages  de victimes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par les forces de sécurité. Il met notamment en évidence une forte hausse du recours à la torture au Burundi depuis avril 2015. D’après les témoignages recueillis, le Service national des renseignements (SNR) et la Police nationale du Burundi (PNB) sont responsables d’actes de torture et de mauvais traitements infligés à un militant des droits humains et à un journaliste, ainsi qu’à des détenus arrêtés depuis avril 2015 en raison de leur participation présumée à des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Le contexte historique du pays, doublé par un enchainement et une montée en puissance des exactions, laisse malheureusement percevoir les prémices d’une guerre civile, basée sur un conflit ethnique majeur. La communauté internationale, qui avait condamné le coup d’état de mai, a peut-être laissé échapper une chance de stabilisation.  De multiples pays condamnent les agissements du Président, en premier lieu la France et les Etats-Unis, néanmoins et comme attendu dans ces conflits, cela n’a aucun impact.  

Aujourd’hui, et malgré le démarrage prochains d’une médiation entre les deux ethnies Burundaises, les chances de paix semblent infimes. Un gouvernement d’union nationale reste peu probable, tant la tension inter-éthnique est élevée. Nul doute qu’une sortie de crise rapide ne sera possible qu’avec le départ de l’actuel Président Pierre NKURUNZIZA, doublé d’une forte pression internationale et plus particulièrement africaine. En outre, la région des Grands Lacs et plus particulièrement le Rwanda voisin, peuvent être affectés par le conflit. La résolution doit donc être particulièrement rapide…

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