République de Centre Afrique, bénie par les dieux, maudite par sa géographie, itinéraire d’un pays enclavé.

BanguiLa Centre-Afrique devait devenir la pièce maîtresse d’un empire coloniale français allant de la Méditerranée au Cap de Bonne Espérance,de l’Atlantique à l’Océan Indien. Les répartitions des territoires en ont voulu autrement, la Centre Afrique, trop enclavée fût abandonnée. Itinéraire d’un pays béni par les dieux, maudit par sa géographie.

carte RCAEnclavé au cœur de l’Afrique centrale, la RCA est entourée par le Tchad, le Soudan, le Sud Soudan, le Congo, la République démocratique du Congo et le Cameroun. Le pays (hormis sur le 10% de son territoire, au nord) est bien alimenté en eau (environs 1 800 mm/an), il dispose d’une forêt tropicale luxuriante et peu exploitée (15% du territoire). La faune y est riche et variée, de plus elle jouit de nombreux cours d’eau. En outre, le sous-sol centre-africain est riche, de l’or dans la région de Bambari,  de l’uranium dans la région de Bakouma, du pétrole dans la région de Boromata ainsi que des diamants dans la région de Carnot et de Mouka-Ouadda.

Malgré,  un climat favorable et des ressources naturelles ultra-abondantes le pays reste un des plus pauvres et des plus dangereux du monde (185/187). Sa géographie en explique certaine cause…

Lors de sa colonisation en 1880, le pays  ne parait déjà plus stratégique, les ressources naturelles ne sont pas encore découvertes et les peuples locaux particulièrement hostiles. Rapidement le pays est réparti en concessions, vendues pour 30 années à des sociétés privées. L’Etat français ne va que peu investir au vue « du faible potentiel stratégique et commercial du pays », les compagnies privées feront de même. Il fallut attendre 1940 et le ralliement de Felix Eboué au Général De Gaulle pour que le pays la RCA, alors appelé Obangui-Chari, soit légèrement mieux considéré. La décolonisation en 1960 laissa un pays sous équipé (par apport à ses voisins), avec un seul aéroport, 25 000 Km de pistes défoncées, 10 Km de pistes goudronnées et quelques postes de brousse.  La rumeur veut que la destination soit une des pires pour les fonctionnaires coloniaux français. Après la décolonisation, la RCA ne garda de république que le nom (1962 création du parti unique), elle enchaîna, dictateurs, « Empereur » et Présidents corrompus jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Outre les problèmes de gouvernance, l’absence de démocratie, les conflits éthniques et religieux, la RCA souffre de l’enclavement. Le pays n’a aucun accès à la mer. Seul deux routes lui permettent d’importer et d’exporter, l’axe Bangui – Pointe noire et l’axe Bangui – Douala. Malheureusement l’état de ses routes, (dont le dernier entretien majeur date de la décolonisation) est particulièrement délabré et impraticable en fonction des conditions de pluie. En complément des difficultés matérielles énormes, c’est bien la situation sécuritaire qui est la plus dramatique. Coupeurs de route, bandits, milices, douaniers et militaires corrompus, les deux seuls axes d’accès au pays sont des coupe-gorge. Les fleuves, et plus particulièrement l’Oubangui, sont suffisamment profonds et larges pour permettre la navigation d’embarcations moyennes, mais jalonnés de rapides et chutes d’eaux infranchissables.

1348587124335La situation est telle, que lors du début du mois d’Août 2015, les chauffeurs de poids-lourds camerounais ont décidé de faire grève. Depuis le mois de Janvier plus d’une dizaine d’entre-eux sont décédés dans des attaques et des accidents sur l’axe Bangui – Douala. Résultat d’une semaine sans convoi : 260% d’augmentation tarifaire sur les biens de consommations et les prémices d’une crise humanitaire.

Le développement de la RCA (outre la résolution des problèmes politiques, ethniques et religieux), ne peut que passer par le désenclavement du pays. De façon à lui permettre l’importation de matériel et l’exportation de ressources naturelles, puis dans un second temps de denrées et de produits manufacturés.  La RCA doit impérativement développer son commerce extérieur, condition obligatoire pour la création de richesses internes.  D’après plusieurs ONG, le coût de la remise en état de la piste oscille entre 30 et 50 millions de dollars. Mais plus dur que des travaux de voiries, la sécurisation de l’axe Bangui – Douala, demande le recours à une force internationale importante et mobile, à des moyens de surveillance modernes et à l’application d’un plan de stabilisation global.

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